Communiqué de presse du 11 décembre 2020

Aujourd’hui cette notion d’exception culturelle résonne à nos oreilles comme un qualificatif péjoratif, qualifiant la situation injuste dans laquelle le monde de la culture est plongé depuis la conférence de presse du Premier Ministre hier soir.

Au moins trois semaines de fermeture supplémentaires des salles de spectacle et musées. Trois semaines, minimum, sans horizon autre que celui des fêtes de Noël en famille, mais pas trop nombreux quand même. Continuer à nous priver ainsi du partage de la culture c’est nous priver d’horizon et d’espoir.

On nous répondra que l’on comprend notre lassitude, notre incompréhension, notre sentiment d’injustice. Belles paroles dissimulant un non moins formidable mépris pour notre secteur. Contrairement à ce que l’on pourrait penser des artistes, artisans de l’imaginaire et des rêves, nous ne nous faisons pas d’illusions : nous savons bien que face au Capital et à son économie nous ne pouvons qu’apparaître non essentiels.

Et pourtant, notre secteur emploie des milliers de personnes et génère des retombées financières conséquentes. Notre système culturel est un des plus admirés et enviés au monde. Qu’est-ce qui motive alors cette décision arbitraire appliquée aveuglement hier soir ? Le besoin d’un bouc-émissaire ?

Pendant que la culture, ses actrices, acteurs et représentant.e.s meurent à petit feu, la population pourra se déplacer partout en France dans des transports bondés où toute distanciation sociale est rendue impossible, pourra s’entasser librement dans les grands magasins pour dépenser leur chômage partiel ou leur salaire gagné en télé-travail ou parfois pire, en prenant de vrais risques en se rendant sur leur lieu de travail, qui sont comme chacun le sait, des clusters reconnus.

Rappelons que les lieux de culture et les salles de spectacles n’ont jamais été reconnus comme des clusters. Que les scientifiques eux-mêmes s’accordent à dire que tant que les gestes barrières y sont respectés, le risque de contamination est quasi-nul. Comment donc ne pas voir cette fermeture prolongée comme une mesure coercitive supplémentaire à l’égard de nos métiers ? Ce que l’on ne comprend pas fait peur. Voilà peut-être une piste d’explication.

En quoi les lieux de culte, qui resteront ouverts, ne sont pas aussi dangereux que les salles de la culture ? En quoi, dans un Etat laïc, ces lieux représentent une activité « essentielle » à l’économie et au fonctionnement de notre société ? Un choix politique, non pas sanitaire.

Le président de la République nous rétorquera probablement, comme lors de sa précédente allocution, qu’il sait notre peine mais qu’il est intimement persuadé que nous saurons nous adapter et survivre comme nous savons si bien le faire, nous, les artistes. Certain.e.s y arriveront peut-être, mais au prix de combien d’autres sacrifiés sur l’autel de l’injustice ? A la sortie de cette crise que restera-t-il de l’exception culturelle française si ce n’est un champ de ruines ?

La Fédération des Associations des Métiers du Scénario

Associations membres

L’Accroche Scénaristes, l’ADEFI, l’ASSOC, Backstory L’Association, La Belle Equipe,

Lecteurs Anonymes, la NAAIS, SAFIRE Grand Est, ScriptoKarib et Séquences 7

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